Naissance inespérée d’un rhinocéros de Sumatra

Inespérée, parce que dans l’histoire du rhinocéros de Sumatra en captivité, il n’y avait eu jusqu’à présent que cinq tentatives de reproduction réussies … C’est dire toute l’importance de l’événement, qui s’inscrit dans la problématique de conservation de cet animal, classé « en danger critique d’extinction » dans la nature par l’UICN.

Rhinocéros de Sumatra adulte dans une bauge
Rhinocéros de Sumatra adulte dans une bauge
« Andatu », un mâle, est donc né le 23 juin 2012 au Sumatran Rhino Sanctuary, en Indonésie, une première pour ce pays.
Son président a d’ailleurs ouvert, le 5 juin, « L’année internationale du Rhino », destinée à sensibiliser davantage le monde sur le sort de tous les rhinocéros, et particulièrement des espèces asiatiques, le rhinocéros de Java et le rhinocéros de Sumatra, qui sont les plus menacées.

Il est attendu que les autres pays des aires de répartition des rhinocéros se joignent à cette initiative, saluée et soutenue par l’UICN. Laquelle doit aussi, lors de son congrès mondial à Jeju, en Corée du Sud, du 6 au 15 septembre 2012, discuter de nouvelles mesures urgentes à prendre pour assurer la conservation des cinq espèces (deux en Asie, trois en Afrique) de rhinocéros.
Les deux principales sous-espèces du rhinocéros de Sumatra se trouvent, pour Dicerorhinus sumatrensis harrissoni, en Malaisie (Sabah et peut-être Sarawak) et en Indonésie (quelques individus pourraient y survivre) ; et pour Dicerorhinus sumatrensis sumatrensis, en Indonésie (Sumatra) et dans la péninsule malaise. Une troisième sous-espèce, Dicerorhinus sumatrensis lasiotis, ne subsisterait plus, mais en très petit nombre, et sans aucune certitude, qu’en Birmanie (région de Lassai).
En 2008, dernier recensement, la population totale de cette espèce était estimée à « 275 individus, probablement plus de 220 ». C’est dire la faiblesse des effectifs. Jusqu’aux années 1990, leur déclin représentait 50% par décade ; depuis, ce déclin s’est un peu ralenti, mais à l’heure actuelle, il serait étonnant que cette population soit supérieure à 200 individus. Elle est très fragilisée par de multiples causes : d’abord et avant tout, le braconnage, principalement pour la corne, supposée avoir des vertus médicinales, et pour d’autres organes de l’animal ; ensuite, la viabilité réduite : les sous-populations sont très fragmentées, ne réunissent que peu d’individus, ce qui réduit le potentiel des naissances et en même temps accroît fortement les risques de la dépression de consanguinité, éminemment nuisible pour une espèce ; enfin, même si les gouvernements d’Indonésie, surtout, et dans une moindre mesure de Malaisie, affichent une volonté de lutter contre le braconnage, force est de reconnaître, au vu du nombre de ces grands mammifères restants, que cette volonté ne se donne pas les moyens qu’il faudrait pour renverser la tendance. Il y a eu, dans le passé, plusieurs plans destinés à assurer la survie du rhinocéros de Sumatra. Des budgets très importants y ont été consacrés. Mais en pratique, ces plans ont été des échecs, ou des semi-échecs. Les mesures sur le terrain, destinées à contrecarrer l’action des braconniers, quand elles existent, ne peuvent, et ne pourront (et cela vaut aussi pour le sort de toutes les autres espèces) être probantes que si la demande pour la corne, dans les pays consommateurs, est supprimée. Et cela exige des efforts de sensibilisation, de conviction, bien supérieurs à ceux qui sont produits aujourd’hui, des efforts qui doivent avant tout émaner des Etats eux-mêmes.

1 commentaire à Naissance inespérée d’un rhinocéros de Sumatra

  1. Alexandre d'Alton dit:

    Ce sont aux pays concernés par la présence de cet animal fabuleux et au combien précieux pour l’humanité de prendre des mesures draconiennes contre le braconnage mais aussi contre les grandes multinationales du bois et autres exploitations minières pour endiguer la déforestation . Pour cela

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