Poésies

Sauvée ?

La bergerie devient tendresse dans les émolliences de rose-or qu’expire le jour finissant. Son appareil de blocs farouches, fortune carrée sous le soleil impératif, a perdu ses angles aiguisés, son âpreté et ses défenses. Elle se tient au milieu du mot qui dit son passage en elle d’une secrète espérance pétrée, celle d’en faire venir l’éclairance. La nuit, notre nuit, s’avance. L’image vivante, mission sacrée.

| Laisser un commentaire

Au près du loin

Tu es en face du grand lac d’eau blanche. Les poignances qui étaient les tiennes, qui faisaient éclater le sang sous la peau bien trop délicate, n’ont pu suivre la descente du funiculaire. Elles ont été mises sur le train de retour vers la ville-cuvette.
Tu te reprends.
Tu respires un silence confiant, celui de la rive attendue. La jetée du port ne s’avance que pour offrir son seul dessin. Il n’y a ici d’autres ripailles que celles de l’espace ouvert.
Se peut-il qu’enfin la justice daigne reconnaître ton droit en oubliant l’épée du lac.

| Laisser un commentaire

[Le cheval bleu]

Le cheval bleu a un regard aveugle. Il avance, la crinière coupée. Mais sa robe le soutient. Elle dit un ancrage en pâturages bellissimants. Nous avons vu ce solitaire, par une journée écrasante de chaleur, ne pas désirer d’eau. L’Histoire survit grâce aux mythes.

| Laisser un commentaire

Sans joug du même

La démarche est chaloupée. Le temps est sec. Il y a quelques ruines fumantes dans l’horizon, mais il est pris à rebrousse-regard, en y rebondissant. Il a bien fallu laisser les rouges-gorges, compagnons du travail à la terre ; et désinstaller la licorne du chambranle marquant le départ. La houppelande crayeuse et chamarrée du voyage est la seule trace de ce qui fut, de ce qui devait s’oublier. Voici que se lèvent, une à une, à portée de la main où courent des veines qui refusent de dormir, des aurores boréales qui attendrissent les pierres. Continue

| Laisser un commentaire

Ecoute Ondine

Le ciel en jaune de Naples, immobile verticale
La montagne au très-loin, cendre bleue vaporée
Va ce fleuve tutoyé par tous les poids languis
des arbres en soif ; arcs-boutants qui s’enfoncent
dans la nef des eaux limoneuses.
Si riche la rive, en vert opaque
saigné par les fleurs-paradis
qu’elle interdit les atterrages
dissimulés dans les méandres.
Le canot noir porte les âmes
basanée et blanche du voyage.
Deux en une, d’amont et d’aval,
elles suivent des points cardinaux
enfouis dans la moiteur de l’air ; l’oreille cassée
traverse la forêt liquide

| Laisser un commentaire

[Et c’est toujours l’enfance échappée du temps dur]

Et c’est toujours l’enfance échappée du temps dur
qui fait entrer la danse de son cœur costumé
dans le parc où la lune s’est posée sur le sable ;
quelle époque, dieux, quelle douce magnificence
sur le bord de la nuit, la grâce, croyons encore
aux amourants légers

| Laisser un commentaire

Temps d’être

Le pas est constamment en avance d’une silhouette
sur son image et davantage
sur son empreinte et sur son ombre

LIRE « Temps d’être »

| Laisser un commentaire