Figures de proue

Le tonnerre gronde, et des lumières surgissent, au fond de ce qui s’étend, entre les arbres, lesquels portent des fleurs en morceaux. Des pelures d’air emplissent le ciel. Un arc blanc se détache de la terre, dans une demi-brume. Tous ces phénomènes, en tensions, sont générés par un espace, qu’ils constituent aussi bien : ignorant les petits miroirs communs d’entre-soi, le pays du loin est rupture, et il s’exprime pour les exclus. Les pèlerinages à l’île de Cythère ne concernent que les êtres civilisés (ils ont des cannes de cérémonie pour viatiques). Les autres, ceux qui volent au-dessus des toits brûlants, puis les dépassent, pour aller vers leur terme, sont des simples ; et parfois indigents. Ils vivent de futur antérieur. Ils doivent toujours en nourrir le présent, le lieu où les racines s’arc-boutent pour soulever les dalles, afin de le recomposer.

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