Quelle que soit l’esseulance

Piocher dans la glèbe pour trouver
l’étalon-or du sentiment ;
ses ailes de rêve le portèrent
jusqu’à la demeure de l’oubli ;
il n’avait pu suivre la loi
qui régit les passions d’ici,
elles ont le banal du ouï-dire.
Espoir ténu, arqueboutance
pourtant ; le ciel tombant comme la neige,
en flocons grisâtres, éperdus ;
la plaine cultivée hostile,
en mer entrechoquant ses glaces ;
(les âmes des autres satisfaites
des braises éteintes) ;
et souffle court, et sans relâche,
mettre à l’écart les plantes à pain
avec le fer,
pour que se découvre, à la longue,
d’entre les mottes,
le beau sensible en irradiance,
la référence de l’épanchement – cœur tendre,
trop tendre,
et raidi dans tes déceptions,
tu es fou, mon cher, quelle raison
pourra-t-elle t’accorder cette justice ?
Mais tant que le monde vivra,
j’irai, quelle que soit l’esseulance,
vers un ailleurs du croire, il sait.

1 commentaire à Quelle que soit l’esseulance

  1. Martine dit:

    Très beau !! Je découvre votre blog grâce à Hölderlin, et je lis vos poésies. Je reviendrai.Martine

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