Sans Mercy

Dans ses sillons de terre d’attente, Amour est laissé à lui-même,
Désir ne peut le rencontrer.
Lui parviennent, seulement, en douleur, des regards hésitants de Cœur.
Car Amour attire et effraie, il est espérance d’un vide
enchâssé dans un vitrail d’or
qui s’expose en lumière violente n’ayant aucun sens commun.
Il ne se donne qu’à l’abandon, au sacrifice, du consentant.
Cœur le sait bien, mais il ne peut
longtemps ignorer l’appel ; il s’en vient, et derrière, Désir
interroge Fontaine de Fortune
sur ses chances de vaincre Souci
pour, libéré, servir Amour.
Mais il est toujours dissuadé
de se lancer dans l’aventure.
C’est que les broyances du temps
compriment bien trop fort son sang ;
à Cœur seul la quête est laissée.
Le fleuve de larmes borde la plaine
où vit Amour ; si Cœur peut parfois le franchir,
Désir reste sur la rive,
dans son image inhabitée.

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